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[image: plume]Le Pinson s'est envolé

Compte rendu publié dans...

L'eau vive de Regina - Le 7 mars 2002

Le Pinson s'est envolé
par José Deschênes

Regina - Une page importante de l'histoire des francophones en Saskatchewan vient de se terminer. L'un des plus ardents défenseurs de la communauté fransaskoise, Roland Pinsonneault, 88 ans, est décédé samedi matin à, Moose Jaw, des suites d'une longue maladie. Il laisse derrière lui ses enfants Stella, Gérald, Marc, Rolland (Tex), Lise et Huguette, de nombreux petits-enfants et amis.

Fier de ses racines En accord ou non avec ses convictions et surtout sa façon toujours directe de dévoiler sa pensée, les Fransaskois et les Fransaskoises ont tôt fait d'admirer l'intégrité, l'honnêteté, le courage et la générosité de cet homme qui consacra sa vie entière à l'émancipation de la culture française. Il ne serait pas exagéré d'affirmer que Roland Pinsonneault a déjà atteint un statut mythique au sein de sa communauté. «Roland Pinsonneault se réveillait le matin en pensant à la francophonie et il se couchait le soir avec cette même francophonie en tête», affirme Albert Dubé, un ami de longue date. «C'est un moment triste pour tous les Fransaskois et Fransaskoises qui possèdent encore la profonde conviction de conserver leur langue et leur culture».

Impliqué vous dites!

Au fil des ans, cet homme originaire de Saint-Cyprien-de-Napierville, au Québec, est entre autres devenu secrétaire général du Conseil de la coopération de la Saskatchewan, directeur exécutif et président de l'ACFC, président de l'Association catholique des commissaires d'écoles de langue française, co-fondateur de la Caisse populaire de Gravelbourg ainsi que président et membre fondateur de la Coopérative des publications fransaskoises (CPF).

Sa contribution au développement de la communauté canadienne-française en Saskatchewan aurait été moindre sans la collaboration de son épouse Donalda. Plus souvent qu'à son tour, elle a dà partager son époux avec la communauté fransaskoise toute entière. Même chose pour les enfants qui le voyaient souvent en fin de soirée et les fins de semaine. Ce qui ne les empêchait cependant pas de vivre intimement avec leur père. Marc Pinsonneault se souvient des discussions animées à l'intérieur des murs de la maison familiale: «Quelques fois ça chauffait. Tex et moi vivions au Québec, à un certain moment, et nous exprimions nos opinions politiques. Maman était l'animatrice et papa le conciliateur... Il ne réussissait pas tout le temps à calmer les esprits». Donald Sirois, ami du Pinson, avait remarqué son sens développé des valeurs familiales: «On pouvait être au beau milieu d'une grande discussion et si un de ses enfants téléphonait... C'est comme si les gens autour de lui n'existaient plus».

La presse francophone: un moyen de survie

Roland Pinsonneault croyait fermement à l'importance de la presse francophone. Pendant plus de 20 ans, il a travaillé au développement de celle-ci en milieu minoritaire. Il était reconnu par ses pairs au niveau journalistique comme étant le plus grand défenseur de la presse écrite francophone hors Québec. Wilfred Roussel, un camarade de longue date qui a agi à titre de directeur général de l'Association de la presse francophone (APF) au moment où Roland Pinsonneault était président de ce même organisme, affirme: «Roland a été un ardent défenseur de la francophonie et a joué un rôle de premier plan quant à la survie de la culture francophone à l'extérieur du Québec.»

Des honneurs bien mérités

Le travail acharné de Roland Pinsonneault fut d'ailleurs souligné à maintes reprises. En 1977, il a été proclamé Compagnon de l'Ordre des Cents Associés francophones (Association canadienne d'éducation de la langue française), l'Université de Regina lui a décerné, en 1979, un doctorat honoris causa et, en 1980, le gouvernement du Québec l'a nommé au sein de l'Ordre des francophones d'Amérique. En juillet 2000, il a aussi été consacré Membre de l'Ordre du Canada. Albert Dubé affirme qu'une des grandes qualités de Roland Pinsonneault fut l'écoute: «En tant que bon communicateur, il savait écouter. Il cherchait à connaître les autres et ce qu'ils avaient à dire aux niveaux politique, social, culturel, économique, etc. C'est un ami qui était toujours prêt à aider. Il avait le coeur sur la main.»

Un livre en sa mémoire

L'an dernier, les Éditions Francine Breton et la Société historique de la Saskatchewan publiaient Le Cri du Pinson, une autobiographie relatant l'histoire de cet homme entièrement dévoué à sa culture. Sa fille, Huguette, était présente lors du lancement de ce livre à Regina. Selon elle, ce qui ressort du livre est sans contredit la conviction de ses passions: «Il était passionné. Les choses dans lesquelles il s'embarquait, il y croyait fermement. Il n'y avait rien pour l'arrêter. C'était un lutteur. Il y avait les catholiques contre les anglais, le petit agriculteur contre les gros, le mouvement coopératif contre l'égoïsme du capitalisme, etc. Ce sont toutes des causes dans lesquelles papa s'est engagé à fond.»

À jamais dans nos coeurs

L'héritage que nous laisse Roland Pinsonneault vivra pour toujours. Sa participation active à la sauvegarde de l'Eau vive, à l'établissement de la radio française en Saskatchewan en passant par la fondation de la Caisse populaire de Gravelbourg, auront fait en sorte qu'il aura changé la vie de plusieurs. Présent dans chacun des aspects importants de la vie fransaskoise, Roland Pinsonneault est l'exemple qu'en se bataillant pour une cause en laquelle nous croyons, nous pouvons la faire progresser et en faire bénéficier nos compatriotes.