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[image: plume]Ma réponse au terrorisme...

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Dernière heure - Le 22 mars 2003

Ma réponse au terrorisme... Rencontre avec Lyne Barbeau, journaliste et auteure
par Louise Moreau

Chacun a son interprétation des événements du 11 septembre 2001. Dans le cas de Lyne Barbeau, la tragédie a été une source de motivation pour rédiger un livre qu'elle voulait écrire depuis longtemps. Au terrorisme, elle a décidé d'opposer le bonheur.

Vous est-il déjà arrivé de penser que le bonheur n'était pas fait pour vous? Eh bien, vous vous trompiez! D'après Lyne Barbeau, auteure du livre «Le bonheur est un choix», le bonheur est accessible à tout le monde. Tout est là potentiellement pour que l'on soit heureux. C'est peut-être qu'on ne voit pas l'ennemi (l'ego) qui sommeille en nous et qui nous empêche de connaître ce bonheur tant convoité.

Cependant, c'est très clair, il faut faire des choix, et le pouvoir de choisir est le plus grand pouvoir que nous ayons. Changer son attitude pour changer sa destinée. Ainsi, quand on se fait du bien, on fait du bien aux autres. D'après Lyne Barbeau, le secret est de devenir soi-même son meilleur ami. De cette manière, on devient le meilleur ami des autres.

Dans une entrevue exclusive, elle nous donne les outils nécessaires pour devenir imperturbable à toute forme de négation, autant de la part des autres que de nous-mêmes. Nous y trouverons sans doute la clé du bonheur!

Madame Barbeau, qu'est-ce qui vous a incitée à écrire un livre sur le bonheur?
J'étais journaliste à la radio NTR (Presse Canadienne) durant les événements du 11 septembre 2001, et la notion de violence circulait évidemment dans la salle des nouvelles à ce moment-là. Ça m'a fait réaliser combien l'humain n'est pas constant avec lui-même. Par la suite, d'autres rapports à la violence, établis dans l'exercice de mon travail, m'ont amenée à me poser des questions. Je me disais: «Il faut faire quelque chose pour que le monde soit meilleur.» En fait, comme l'idée d'écrire un livre m'habitait depuis très longtemps, cette tragédie a déclenché le processus d'écriture. Dans un tel contexte, il me semblait que le sujet idéal était de parler du bonheur.

Quel est le but ultime de ce livre?
C'est d'amener le lecteur à faire un travail sur lui-même. En donnant à la personne les outils nécessaires, elle pourra changer des choses et, par conséquent, améliorer son sort. Je ne pouvais pas seulement prêcher, sans expliquer la vraie vie. Quand on cherche, on passe forcément par sa propre psychologie et celle des autres. Dans le fond, quand on fait du mal aux autres, on en fait aussi à soi-même. Et l'inverse est également vrai: quand on se fait du bien, on fait du bien aux autres. Cessons de faire reposer sur les épaules des autres notre propre bonheur! Prenons-le en main. On peut choisir d'être heureux. Le pouvoir de choisir est le plus grand pouvoir que l'on a. On n'a pas à changer le monde, on a qu'à se changer soi-même.

Quels sont les grands thèmes abordés dans votre livre?
D'abord pour changer quelque chose dans notre vie, il faut déterminer ce que l'on veut modifier. Pour cela, on doit connaître la somme d'effort que l'on devra y investir et savoir où on s'en va, c'est-à-dire savoir d'où l'on vient, ce que l'on a à faire et où on s'en va. Pour ce faire, j'ai donc regroupé cinq thèmes: la réalité, l'effort, les solutions, la discipline et l'espoir.

  1. la réalité: on est souvent mené par son ego;
  2. l'effort: on peut mater cet ego;
  3. les solutions: devenir quelqu'un qui tend vers la réalisation de son potentiel et qui transforme ses défauts en qualités;
  4. la discipline: faire ce qui est énoncé exige de la discipline; et, finalement,
  5. l'espoir: le plus merveilleux, c'est que l'on peut y arriver.

Tout cela nous permet de nous auto-motiver.

Nous ne devons pas puiser chez les autres la motivation: nous sommes parfaitement capables de la trouver en nous-mêmes, en travaillant à la réalisation de notre potentiel. Quel plus beau projet de vie que celui de réaliser son potentiel? C'est d'ailleurs quand on s'automotive que l'on devient une source de motivation pour les autres. Et l'on n'obtient des résultats que si l'on persévère. On travaille donc, en quelque sorte, dans notre propre laboratoire. Et c'est là que ça devient extraordinaire!

Nous pouvons donc acquérir une excellente maîtrise de nous-mêmes?
Oui. On peut choisir de se poser les questions suivantes: «Est-ce que je veux être impatient toute ma vie? Est-ce que je veux être morose ou jaloux toute ma vie?» Dans ces conditions, la personne utilise sa mauvaise énergie. On peut devenir conscient de sa programmation et aller à l'encontre de ces points négatifs, puis tenter ensuite de maîtriser ces aspects négatifs. De là, en étant constant, on a une meilleure maîtrise de notre vie. On se doit d'être patient. Il n'est jamais trop tard; on a toujours une chance de se reprendre en main. L'énergie de vie émane de nous.

Que voulez-vous dire quand vous affirmez que le bonheur est un choix?
Dans toute situation, heureuse ou malheureuse, on a toujours le choix d'opter pour l'attitude positive ou d'adopter l'attitude négative face à ce qui nous arrive, de voir des portes s'ouvrir ou de refuser d'en voir. Donnons une chance à la vie de nous montrer ce qu'elle veut nous montrer.

Une personne à qui il arrive un malheur doit forcément croire qu'elle n'a pas droit au bonheur?
Quand un malheur survient, il faut se poser la question: "Est-ce que je crois que la vie me veut du bien ou qu'elle veut mon malheur?" Quand on rencontre des obstacles, même s'ils nous paraissent absurdes, c'est pour nous pousser à réaliser notre potentiel. On a tous, sans exception, une flamme à l'intérieur de nous. L'être humain cherche désespérément au fond de lui-même ce besoin de grandeur. à la suite d'une maladie ou de la perte d'un être cher, les gens apprennent souvent à s'intéresser plus au sort des gens qui les entourent.

Que peut-on faire pour aider les autres?
On peut les encourager. On peut croire en eux, pour eux, jusqu'au jour où ils croiront en eux-mêmes, pour eux-mêmes.

Pensez-vous qu'une belle personnalité ou un bon tempérament sont des facteurs propices au bonheur?
Oui, mais ce n'est pas un pré-requis essentiel. Une personne qui est enragée, et qui fait enrager les autres, a toujours le choix de changer: devenir agréable et avoir une part de bonheur. Ce n'est pas impossible!

Selon vous, qu'est-ce qui est le plus important à retenir dans cette optique du bonheur?
Il faut être son meilleur ami. Quand on parvient à devenir soi-même son meilleur ami, on devient le meilleur ami des autres. Quand on ne dépend pas des autres, on est solide comme le roc et toujours d'humeur égale. Rien ne peut obscurcir notre bonheur. Alors, quoi qu'il arrive, on a toujours suffisamment d'objectivité pour réagir de façon constructive.

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«Le bonheur est un choix» est publié aux Éditions Francine Breton.