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L'Express d'Outremont - Le 15 janvier 2004

Anne-Marie Hénault, Plume, un jour je volerai
par Martin Deslauriers

Rencontrée au café de la Librairie Olivieri, l'auteure du livre Plume, un jour je volerai, Anne-Marie Hénault, venait de terminer un examen de session collégial faisant partie de son programme du Baccalauréat international en sciences humaines. D'entrée de jeu, la jeune femme tenait à préciser que son livre, qui vient d'être publié aux Éditions Francine Breton, n'est pas autobiographique. Le personnage principal qu'est l'adolescente Béatrice souffre d'anorexie et est hospitalisée. Moi, ça ne m'est jamais arrivé. J'ai visité la clinique externe de Sainte-Justine.

C'est durant la dernière année de son secondaire que le projet d'écriture est né. à l'origine, Anne-Marie l'a écrit sous forme de journal comme éventuel travail de session. Elle relatait des petits trucs que toute anorexique «réussie» connaît. Que ce soit des problèmes communs reliés à la performance, symbole ultime de réussite, ou au corps, dont on souhaite le contrôle absolu.

Au Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, d'Outremont, elle faisait lire des passages à ses meilleures amies. Un jour, une fille est venue lui demander si elle pouvait mettre des numéros en bas des pages!

S'en est suivi la rencontre avec la maison d'édition et la bonification des textes. Signataire de la préface, le docteur Jean Wilkins décrit le piège de l'anorexie mentale comme une conduite d'auto-sabotage. Conduite qui m'a permis de jouer avec la souffrance, confie Anne-Marie. L'anorexie, c'est de jouer avec la mort en quelque sorte pour mieux se sentir en vie.

L'âge de l'innocenceL'auteure relate un événement survenu à l'été 2000 lorsqu'elle avait 14 ans. Je revenais d'un voyage à Rome avec mes deux frères. En rentrant à la maison, ma mère a pris la caméra et nous a demandé de vider nos sacs pour voir les trésors que nous avions rapportés. La première chose que tu me vois faire, c'est de me lancer dans le frigo pour revenir avec un sac de carottes que je mange une après l'autre. J'ai revu le film tout récemment et je ne me trouvais pas belle, pas drôle et pas heureuse.

Force est de constater qu'Anne-Marie Hénault a accepté la maladie, mais de plus, elle est aujourd'hui consciente d'avoir vu les témoins de son état que sont famille et proches dans toute leur impuissance. On ne peut que mieux comprendre la citation de Sartre qui suit la dédicace: J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé.