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[image: plume]Anne-Marie Hénault...

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Journal de Montréal - Le 16 février 2004

Anne-Marie Hénault, auteure de «Plume, un jour je volerai»
par Caroline Touzin

À regarder Anne-Marie Hénault, on ne pourrait deviner qu'elle a été anorexique durant une grande partie de son adolescence.

La jeune fille de 19 ans rayonne. Elle a aujourd'hui de jolies formes et une multitude de projets d'avenir. Elle ne veut toutefois pas oublier les années d'enfer qu'elle a vécues, trop maigre, à jeuner, puis à se gaver sans aucun contrôle.

«L'anorexie, c'est jouer avec la mort», exprime-t-elle. Quand Anne-Marie Hénault se rappelle son adolescence à Saint-Pie en Montérégie, elle est loin de se réjouir. «Je voulais être parfaite, performante. J'étais programmée comme une machine, déconnectée de mes sentiments.»

Dès l'âge de 11 ans, elle a diminué ses portions jusqu'à ne plus manger du tout. «Je ne me faisais pas vomir, alors je ne croyais pas être anorexique», témoigne-t-elle. Le soir, la petite ne faisait pas la liste de ces devoirs à faire, mais bien celle des quelques calories qu'elle avait ingérés durant la journée.

À 14 ans, consciente de son problème, elle rencontre la psychologue de son école à l'insu de ses parents. L'adolescente se rend compte que la jalousie que ses collègues féminines éprouvent envers elle, vue sa taille de guêpe, la mine. Elle demande donc de changer d'école secondaire.

Changement de milieu

Devenue pensionnaire au Saint-Nom-de-Marie à Montréal, ses nouvelles amies lui suggèrent d'écrire un livre sur son expérience pour s'en sortir. Elle se rend régulièrement à la clinique des troubles de la conduite alimentaire de l'Hôpital Sainte-Justine, mais ce n'est pas assez. L'écriture fait le reste.

En parlant de son problème à ses proches, elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule à vouloir ressembler à ces femmes grandes et maigres qui remplissent les pages des magazines et qui envahissent les écrans de télévision.

«Certaines de mes amies m'ont dit qu'elles avaient choisi d'être anorexiques pour maigrir plutôt que de suivre un régime genre Weight Watchers», déplore-t-elle. Ces confidences la motivent encore davantage à mettre son projet à exécution. Anne-Marie accouche à la fin de son cinquième secondaire du roman Plume, un jour je volerai, sa contribution à la sensibilisation à l'anorexie.

La jeune auteure de 19 ans est fière de contribuer à démystifier l'anorexie.

Anne-Marie Hénault s'est inspirée de sa propre histoire pour écrire Plume, un jour je volerai. Béatrice, le personnage principal de son roman est anorexique, tout comme elle.

«J'ai voulu représenter la complexité du problème de cette maladie mentale», explique-t-elle. Son héroïne a 14 ans. Elle s'isole de plus en plus et se met à tenir un journal, son seul confident. Toutefois, comme Anne-Marie, Béatrice s'en sort grandi.

Une voie à suivre

Le médecin de l'Hôpital Sainte-Justine, responsable de la clinique des troubles de la conduite alimentaire, Jean Wilkins parle du livre d'Anne-Marie comme d'une oeuvre qui trace une voie à suivre pour ceux qui décident d'accompagner ces jeunes adolescentes prises dans le piège de l'anorexie mentale, une conduite d'auto-sabotage avec ses risques à court, moyen et long terme.

Aujourd'hui, la jeune femme, en plus d'étudier au niveau collégial à Montréal en sciences humaines, offre régulièrement des conférences sur les troubles alimentaires à l'adolescence. Son nouveau rêve: devenir une grande journaliste.