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[image: plume]La vie après l'enfer de l'anorexie...

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La Voix de l'Est - Le 22 juin 2004

La vie après l'enfer de l'anorexie: Un apprentissage de tous les jours
par Hélène Belzile

Anne-Marie Hénault a souffert d'un trouble alimentaire qui bouleverse une vie. Depuis trois ans, elle est sortie de l'enfer de l'anorexie, mais de son propre aveu, elle conserve à l'intérieur d'elle les ingrédients qui pourraient la faire sombrer à nouveau.

À 19 ans, elle a appris à vivre une journée à la fois et à en profiter pleinement. C'est ce qu'elle a fait, en un merveilleux lundi après-midi ensoleillé, attablée sur une mignonne terrasse du quartier Côte-des-Neiges, à Montréal. Pendant près de deux heures, cette jolie jeune femme originaire de Saint-Pie a raconté ses expériences qui l'ont menée, en décembre dernier, à lancer un livre. «Plume, un jour je volerai», publié aux Éditions Francine Breton, se veut en fait le journal intime de Béatrice, un personnage fictif âgé de 14 ans, qui vit l'épreuve de l'anorexie. à travers les confidences de Béatrice, Anne-Marie tente de bien faire saisir les émotions ressenties quand notre plus grand rêve est d'être petite au point de ne plus vouloir exister.

«Bien qu'il ne s'agisse pas de mon histoire personnelle, je peux dire que le journal intime de Béatrice est fortement inspiré par mon vécu. Le fait de raconter les expériences de ce personnage m'a fait grandir. Et j'espère fortement que le journal intime de Béatrice pourra aider plusieurs autres jeunes filles à s'accepter et à s'aimer.»

Afin de continuer à aider les adolescentes aux prises avec des troubles alimentaires, Anne-Marie Hénault offre d'ailleurs des conférences un peu partout. Elle reçoit aussi des courriels qui sont parfois remplis de lourdes confidences...

Les responsables

Bien sûr, quand on se rend compte qu'une personne qu'on aime fait tout ce qu'elle peut pour perdre du poids au point d'en devenir malade, on peut être porté à se sentir coupable. On peut aussi être porté à pointer du doigt des fautifs. Anne-Marie sursaute quand on met l'accent sur les médias. Bien sûr, elle avoue que l'image de la femme projetée par ceux-ci n'aide pas à s'aimer telle que l'on est, mais selon elle, il y a plus!

«Je vois ça comme un problème de société en général, explique-t-elle. On vit dans un monde de performance et de perfection. L'anorexie est aussi un problème relié à ce besoin d'être parfait. On veut plaire à tout le monde. J'ai la sensation que la société impose beaucoup de pression aux jeunes et c'est un peu une façon de réagir à cette pression.»

Anne-Marie souhaiterait donc que la société soit un peu plus indulgente envers les jeunes.

«Je trouve parfois qu'elle n'est pas à l'écoute de nos besoins. C'est dommage...»

Des projets

Quoiqu'il en soit, Anne-Marie semble bien déterminée à faire sa place dans cette société. Toujours curieuse d'apprendre, elle fera, en septembre, son entrée à l'université. Elle a choisi le domaine de la psychologie.

«Je suis préoccupée par tout ce qui touche aux émotions. à prime abord, j'avais l'intention de devenir journaliste, mais avant de me lancer dans ce genre de carrière, j'aimerais ajouter des cordes à mon arc.»

Celle qui vient tout juste d'aménager à Montréal ne délaisse pas pour autant Saint-Pie qu'elle qualifie d'endroit où elle vient se ressourcer.

«Montréal, c'est mon lieu d'étude et de travail alors que Saint-Pie, c'est pour moi comme une maison de repos. Je veux continuer à cheminer et continuer à apprendre à vivre en équilibre. Entre le travail et le repos, je tente de trouver le juste équilibre comme je tente de trouver l'équilibre dans mon alimentation. C'est un apprentissage de tous les jours. C'est ce qu'on appelle la guérison.»