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[image: plume]Normand Léveillé a choisi la vie

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La Voix de l'Est - Le 9 avril 2005

Normand Léveillé a choisi la vie
par Michel Tassé

Normand Léveillé avait tout pour devenir une grande vedette du hockey. Le talent, la passion pour la game et la détermination. Mais alors qu'il s'imposait déjà comme le meilleur attaquant des Bruins de Boston, son destin a basculé. à 19 ans.

Le 23 octobre 1982, lors d'un match opposant les Bruins aux Canucks à Vancouver, Léveillé est frappé durement (mais de façon légale) par Marc Crawford, celui qui allait plus tard diriger les Nordiques de Québec. Ébranlé, il rentre au vestiaire. Et il s'effondre. Il restera dans le coma pendant 28 jours.

Léveillé venait de subir un hématome cérébral (ou, plus simplement, un accident vasculaire cérébral) provoqué par une rupture d'anévrisme, conséquence d'une malformation artérioveineuse congénitale. Ce triste coup du sort le laissera hémiplégique (partiellement paralysé) et aphasique.

À 42 ans, Léveillé se raconte dans Un arrêt en plein vol, bouquin publié aux Éditions Francine Breton, et signé de la plume de Thérèse Desjardins.

Vraiment, on aurait difficilement pu trouver meilleur titre pour résumer l'histoire de Normand Léveillé, dont l'avenir était on ne peut plus prometteur. Mais l'ancien numéro 19 des Bruins a fait un choix à la suite de son accident. Il a choisi la vie.

Et son récit a de quoi inspirer tous ceux et celles qui, un jour, ont vu la vie leur jouer un sale tour. Il a aussi de quoi nous inspirer quand, pour une raison ou pour une autre, le découragement nous envahit. Car Léveillé, lui, n'a jamais abandonné. Même s'il savait que plus rien ne serait comme avant.

Touchant

L'histoire de Normand Léveillé, bien sûr, est touchante. Mais Thérèse Desjardins se garde bien de tomber inutilement dans le mélo. Elle rend compte de l'ascension du jeune homme jusqu'à la Ligue nationale, des circonstances qui ont entouré son accident, de sa longue réhabilitation et, enfin, des défis qu'il a relevés au cours des dernières années.

Jamais, en lisant le livre, on a le goût de prendre Léveillé en pitié. On a plutôt envie de livrer bataille avec lui. L'auteure, qui a bien cerné le personnage, nous présente un solide bagarreur.

De nombreux témoignages, notamment ceux de Raymond Bourque et Jean Ratelle, qu'il a côtoyés avec les Bruins, ainsi que celui de Jean Béliveau, agrémentent aussi la lecture.

Il y a enfin un bon travail de recherche dans Un arrêt en plein vol. Les faits sont expliqués clairement, mais - et c'est bien ainsi - on ne nous inonde pas d'anecdotes.

En 1995, Léveillé a fondé le Centre Normand Léveillé, à Drummondville. L'endroit est destiné au bien-être des personnes handicapées, tant les enfants que les adultes. Une fondation porte également le nom de celui qui fut le tout premier choix au repêchage des Bruins, en 1981.

En passant, saviez-vous que Léveillé connaît très bien notre région? Pendant des années, il a passé ses étés au camping Mon Repos, à Ange-Gardien, lui qui veillait à Granby le soir venu. Il était d'ailleurs à Ange-Gardien quand les Saguenéens de Chicoutimi, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, l'ont repêché.

On ne saura jamais ce que Normand Léveillé aurait accompli s'il avait joué ne serait-ce que dix ans dans la Ligue nationale. Serait-il devenu champion compteur? Peut-être. Mais une chose est certaine: son courage et sa détermination ont de quoi inspirer bien plus que les performances de n'importe quel marqueur de 50 buts.

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